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L’usage de l’IA double d’une année sur l’autre en Europe. Mais une étude italienne publiée le 3 novembre met un chiffre sur ce que beaucoup de dirigeants pressentent : sans données, sans cloud et sans CRM, l’IA ne prend presque jamais.
Une adoption qui accélère, mais pas pour tout le monde
Le 3 novembre 2026, l’Istituto per la Competitività (I-Com) a présenté avec TeamSystem l’étude « L’IA nei territori ». En Italie, la part des entreprises de 10 salariés et plus utilisant au moins une technologie d’IA est passée de 8,2 % à 16,4 % en un an (5 % en 2023). Mais l’écart se creuse : 14,2 % des entreprises de 10 à 49 salariés, 27,6 % de celles de 50 à 249, 53 % des grandes. Et 77 % des petites entreprises ne l’utilisent pas et ne prévoient pas de le faire.
Le constat rejoint celui du Banco de España relayé fin octobre : 70 % des grandes entreprises espagnoles utilisent l’IA, contre 30 à 35 % des PME, un écart stable depuis 2024. Et à l’échelle de la zone euro, la BCE (Occasional Paper n° 395, environ 6 000 entreprises) mesure qu’environ 70 % des entreprises déclarent un usage, mais seulement 7 % le jugent significatif.
Le chiffre qui change la discussion : 4,8 % contre 75,5 %
L’apport le plus utile de l’étude I-Com n’est pas le taux d’adoption. C’est ce calcul : sans business intelligence, cloud (plateforme et stockage), CRM ni analyse de données, la probabilité estimée d’adopter l’IA tombe à 4,8 %. Avec les cinq, elle monte à 75,5 %.
Même logique côté résultats : à taille, secteur et région égaux, les entreprises au niveau de digitalisation « haut » affichent des revenus supérieurs de 65,2 % à celles au niveau « très bas » (105,3 % pour le niveau « très haut »). L’adoption d’au moins une technologie d’IA est associée à des revenus supérieurs de 9,8 %.
Autrement dit : l’IA n’est pas le point de départ. C’est la couche qui se pose sur des processus déjà outillés.
Ce que cela veut dire pour une PME-ETI française
La BCE cite les mêmes freins dans toute la zone euro : manque de compétences, protection des données, incompatibilité des systèmes. Le troisième est le plus souvent sous-estimé. Un assistant IA branché sur un tableur partagé et trois boîtes mail ne produira pas grand-chose de fiable.
Avant de choisir un modèle ou un outil, cinq questions simples :
- Où vivent vos données clients ? Un CRM tenu à jour vaut plus qu’un prompt bien écrit.
- Vos systèmes se parlent-ils ? ERP, facturation, CRM : sans connexions (API, exports propres), l’IA travaille à l’aveugle.
- Avez-vous une vue chiffrée de l’activité ? Un minimum de tableaux de bord permet de mesurer si l’IA apporte quelque chose.
- Vos données sont-elles hébergées et gouvernées proprement ? Hébergement, droits d’accès, RGPD : c’est la base d’un usage IA défendable.
- Quel processus précis voulez-vous améliorer ? Les entreprises de la zone euro citent d’abord l’amélioration des processus comme moteur d’adoption (BCE).
Notre lecture
Chez AZINOVE SAS, la majorité des projets IA qui réussissent commencent par du logiciel classique : connecter deux systèmes, nettoyer un référentiel, outiller un processus. L’IA vient ensuite, et elle a alors de quoi travailler. Les données de novembre le confirment à grande échelle : le socle numérique n’est pas un préalable administratif, c’est ce qui fait passer l’IA de l’essai au résultat.
Vous voulez savoir où en est votre socle avant d’investir dans l’IA ? Parlons-en.
Sources
- I-Com / TeamSystem, « L’IA nei territori », communiqué du 3 nov. 2026 : i-com.it
- BCE, Occasional Paper n° 395, « Adoption and investment in AI across the euro area » : ecb.europa.eu
- Banco de España, étude adoption IA (via veille Marsanne Studio, semaine 44) : marsanne.studio


