Dans cet article
Un site d’entreprise vit cinq à huit ans, parfois plus. Un jour, il ne fait plus son travail : il s’affiche mal sur téléphone, il met trop longtemps à charger, il parle d’une offre qui a changé, et le prestataire qui l’a construit ne répond plus. La refonte s’impose alors, mais elle fait peur, à raison : un site refait sans méthode perd en quelques semaines les positions Google gagnées en plusieurs années. Ce guide s’adresse aux dirigeants de PME, de TPE et de cabinets de Strasbourg, de l’Eurométropole et du Bas-Rhin. Il dit quand refondre, ce qu’il faut garder de l’ancien site, ce qu’il faut changer, et comment conduire la migration pour que Google suive.
Les signaux qui disent qu’il est temps
Une refonte ne se décide pas sur l’envie d’un nouveau design. Elle se décide sur des faits que vous pouvez observer vous-même, le plus souvent gratuitement.
- Le site est lent ou illisible sur téléphone. Ouvrez-le depuis votre mobile, en 4G, hors du bureau. Si une page met plus de quelques secondes à s’afficher, si le texte oblige à zoomer ou si les boutons sont trop petits pour le pouce, vous perdez des visiteurs avant qu’ils aient lu une ligne. Le rapport « Signaux Web essentiels » de la Search Console le confirme avec des mesures réelles.
- Le site ne produit plus de contacts. Des visites sans appel, sans formulaire envoyé, sans demande de devis : soit les visiteurs ne trouvent pas la bonne page, soit le parcours vers le contact est trop long.
- Le contenu est périmé. Une offre retirée, une équipe partie, des chantiers de 2018 en « actualités », des horaires faux : chaque incohérence coûte de la confiance.
- Le CMS ou l’hébergement arrive en fin de vie. Une version qui ne reçoit plus de mises à jour de sécurité, des extensions abandonnées, un hébergeur qui annonce la fin d’une offre : attendre coûte plus cher que refondre.
- Les accès sont perdus. Le nom de domaine est au nom d’un ancien prestataire, personne ne connaît le mot de passe de l’administration, les sauvegardes n’existent pas. Ce n’est pas un signal de refonte en soi, mais c’est le moment de tout reprendre en main.
- La réglementation a rattrapé le site. Bandeau de cookies qui n’offre pas le refus, mentions légales incomplètes, formulaires sans information sur l’usage des données, et, pour les organismes concernés, absence de déclaration d’accessibilité RGAA.
- L’entreprise a changé. Nouvelle activité, nouveau marché, clientèle allemande ou suisse, offre en ligne : le site raconte encore l’entreprise d’avant.
Deux ou trois de ces signaux réunis justifient une refonte complète. Un seul, pris isolément, se corrige souvent sans tout refaire ; nous y revenons à la fin.
Ce qu’il faut garder
La première erreur d’une refonte est de repartir d’une page blanche. Votre site actuel, même daté, possède un capital que Google a mis des années à constituer. Avant de toucher à quoi que ce soit, inventoriez-le.
- Les URL qui se positionnent. Dans la Search Console, le rapport « Performances » liste les pages qui reçoivent des impressions et des clics. Chacune de ces adresses doit survivre à la refonte, soit à l’identique, soit par une redirection permanente vers la page qui la remplace.
- Les contenus qui apportent du trafic. Un article, une page de service, une fiche réalisation qui ressort sur une requête utile se réécrit, se met à jour, se raccourcit si besoin, mais ne se supprime pas.
- Les liens entrants. Un article de presse locale, la page partenaires d’un fournisseur, l’annuaire de la CCI Alsace Eurométropole ou de la CMA pointent vers des adresses précises. Si elles disparaissent sans redirection, ces liens ne valent plus rien.
- La fiche d’établissement Google. Elle ne fait pas partie du site, mais elle y renvoie. Son adresse web, ses horaires et sa catégorie doivent rester cohérents avec le nouveau site le jour de la bascule. Notre guide du référencement local à Strasbourg détaille ce point.
- Le nom de domaine. Changer de domaine en même temps que de site cumule deux migrations. Sauf changement de nom de l’entreprise, gardez-le.
- Les coordonnées. Nom, adresse, téléphone : France Num rappelle qu’ils doivent être strictement identiques sur le site, la fiche Google et les annuaires. La refonte est l’occasion de les vérifier partout, pas de les réécrire autrement.
- L’historique de mesure. Gardez la propriété Search Console et le compte d’analyse d’audience existants : c’est la seule façon de comparer l’avant et l’après.
Ce qu’il faut changer
Une fois le capital protégé, la refonte peut être ambitieuse. Ce qui change, en général, tient en six points.
La structure des pages
Un site de PME se lit en une page par service, une page par type de client ou de secteur quand c’est pertinent, des réalisations, une page équipe, une page contact. Les pages fourre-tout disparaissent au profit de pages qui répondent chacune à une question précise. Les pages villes ne se multiplient que si vous intervenez réellement dans ces communes et avez quelque chose de concret à y montrer.
La vitesse et le mobile
Le nouveau site se conçoit pour le téléphone d’abord. Images au bon format et à la bonne taille, polices limitées, scripts tiers réduits au nécessaire, pages servies depuis un serveur proche de vos visiteurs. Ces choix se font à la construction ; ils se rattrapent mal ensuite. Les objectifs chiffrés figurent plus bas.
Le chemin vers le contact
Chaque page importante propose une action claire : appeler, demander un devis, prendre rendez-vous. Le formulaire demande le minimum, confirme l’envoi, et arrive chez quelqu’un qui répond dans la journée. Le numéro de téléphone est cliquable sur mobile. Si l’entreprise prend des rendez-vous, l’agenda se réserve en ligne.
Le consentement et la mesure d’audience
La CNIL exige que refuser les traceurs soit aussi simple que les accepter, et que rien de non essentiel ne se dépose avant le choix du visiteur. Elle admet une exemption de consentement pour les outils de mesure d’audience à condition qu’ils servent uniquement à produire des statistiques anonymes, sans recoupement avec d’autres traitements ni suivi d’une personne d’un site à l’autre. Choisissez l’outil de mesure en connaissance de cause et configurez le bandeau en conséquence.
L’accessibilité
Le RGAA s’impose aux organismes publics, aux délégataires d’une mission de service public et aux entreprises au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires fixé par décret, et des obligations européennes s’étendent à certains services privés comme la vente en ligne. Même hors obligation, les bases coûtent peu quand elles sont prévues dès la maquette : contrastes suffisants, textes alternatifs sur les images, navigation au clavier, formulaires étiquetés. Vérifiez votre situation sur le site officiel du RGAA avant d’écrire le cahier des charges.
L’hébergement et la propriété
Le nom de domaine, l’hébergement, le dépôt de code et les comptes de mesure sont ouverts au nom de l’entreprise, pas du prestataire. Les données des formulaires sont stockées dans l’Union européenne. Les sauvegardes sont automatiques et testées. Vous pouvez changer de prestataire sans perdre le site : c’est le test de la bonne refonte.
La migration SEO, étape par étape
C’est la partie que l’on néglige et qui fait tout perdre. Google décrit la procédure dans sa documentation sur les migrations de sites ; voici la version applicable à une PME.
- Inventaire des URL. Exportez toutes les adresses de l’ancien site : sitemap, export du CMS, rapport Search Console, et, comme Google le recommande, journaux du serveur pour repérer les adresses encore consultées. Vous obtenez une liste complète, pas seulement les pages du menu.
- Table de correspondance. Pour chaque ancienne adresse, une nouvelle adresse, une par une. Les pages supprimées pointent vers la page la plus proche par le sens, pas vers l’accueil.
- Redirections permanentes. Chaque correspondance devient une redirection 301 (ou 308), configurée sur le serveur, testée avant la mise en ligne. Google indique de les conserver aussi longtemps que possible, généralement au moins un an.
- Balises canoniques et titres. Chaque nouvelle page déclare son adresse canonique, un titre unique et une description, sans doublon d’une page à l’autre.
- Sitemap et robots. Un sitemap à jour listant les nouvelles adresses, un fichier robots qui n’interdit rien d’important. Vérifiez que l’environnement de préproduction, lui, est bien bloqué, et que ce blocage saute à la mise en ligne.
- Search Console. La propriété existante reste ; vous soumettez le nouveau sitemap le jour de la bascule, puis vous surveillez les rapports « Pages » et « Performances ». Google considère la migration terminée quand il a exploré au moins une fois toutes les anciennes et toutes les nouvelles adresses, à son rythme.
- Suivi sur huit semaines. Comparez chaque semaine impressions, clics et positions des pages qui comptaient avant. Une baisse temporaire de quelques semaines est normale ; une page qui ne revient pas signale une redirection manquante ou un contenu appauvri.
Si le site est bilingue
Beaucoup d’entreprises d’Alsace servent une clientèle allemande ou suisse et proposent un site en français et en allemand. Chaque version a alors sa propre adresse, et chaque page déclare ses équivalents dans les autres langues par des balises hreflang réciproques, comme le documente Google. Une traduction automatique collée dans la même page ne remplit pas ce rôle.
Les objectifs techniques à écrire dans le cahier des charges
Google mesure l’expérience réelle des visiteurs avec trois indicateurs, les Core Web Vitals, et considère une page conforme quand elle atteint les seuils recommandés pour les trois au 75e centile des visites. Écrivez-les dans le cahier des charges : ils se vérifient, après la mise en ligne, dans la Search Console.
| Indicateur | Seuil recommandé | Ce qu’il mesure |
|---|---|---|
| LCP (Largest Contentful Paint) | 2,5 secondes au plus | Le délai d’affichage du plus grand élément visible, en général l’image ou le titre principal |
| INP (Interaction to Next Paint) | 200 millisecondes au plus | Le temps de réaction de la page quand le visiteur clique, tape ou touche |
| CLS (Cumulative Layout Shift) | 0,1 au plus | La stabilité visuelle : les éléments ne sautent pas pendant le chargement |
Ajoutez-y vos propres exigences : site lisible sur les téléphones de vos clients, formulaires qui arrivent, pages accessibles au clavier, données hébergées dans l’Union européenne, accès et sauvegardes remis à l’entreprise.
CMS ou site sur mesure : choisir sans dogme
Un CMS généraliste convient à un site vitrine que l’équipe veut modifier elle-même souvent : actualités, équipe, offres. Il demande en contrepartie des mises à jour régulières du cœur et des extensions, un hébergement adapté, et une discipline sur les extensions installées, chacune ajoutant du poids et une surface d’attaque.
Un site sur mesure, construit avec un cadre moderne comme Next.js et servi en pages statiques ou rendues côté serveur, convient quand la vitesse, la sécurité et l’intégration avec vos outils priment : devis en ligne, espace client, prise de rendez-vous, connexion à votre ERP ou à votre CRM. Le contenu reste modifiable par l’équipe via une interface d’édition dédiée, mais la structure est tenue par le code. C’est l’approche de notre page création de site internet à Strasbourg, et celle du développement sur mesure quand le site devient un outil métier.
Le bon critère n’est pas la mode mais trois questions : qui modifiera le contenu, et à quelle fréquence ? Quelles fonctions doivent dialoguer avec vos autres logiciels ? Qui assurera les mises à jour pendant cinq ans ? Un prestataire sérieux vous répond sur les trois avant de proposer une technologie.
Le déroulé d’une refonte en cinq phases
| Phase | Ce qui se passe | Ce que vous validez |
|---|---|---|
| Audit | Inventaire des URL, des contenus et des liens entrants ; mesure de la vitesse ; relevé des accès et des comptes ; objectifs chiffrés | La liste de ce qui est gardé, réécrit ou supprimé, et les objectifs |
| Maquette | Arborescence, contenu de chaque page, maquettes mobile puis bureau, parcours vers le contact | Les textes et les maquettes, page par page |
| Développement | Construction du site, intégration des contenus, formulaires, consentement, accessibilité, hébergement au nom de l’entreprise | Le site complet en préproduction, testé sur vos propres téléphones |
| Migration SEO et mise en ligne | Redirections testées, canoniques, sitemap, Search Console, bascule du domaine, mise à jour de la fiche Google | La table de redirections et le jour de bascule |
| Suivi | Huit semaines de comparaison des positions, corrections, rapport Core Web Vitals, formation de l’équipe | Le rapport de fin de migration et la remise des accès |
Les pièges qui coûtent cher
- Rediriger tout vers l’accueil. Google traite ces redirections comme des pages introuvables en douceur ; les positions des anciennes pages disparaissent.
- Laisser la préproduction indexable, ou, à l’inverse, mettre en ligne un site qui interdit encore l’exploration. Les deux arrivent chaque mois.
- Changer de domaine, de structure et de contenus le même jour. Si une chose casse, impossible de savoir laquelle. Changez le moins de choses possible en même temps.
- Appauvrir les contenus pour faire « épuré » : une page de service réduite à trois lignes ne répond plus à la question qui la faisait sortir.
- Oublier la fiche Google et les annuaires. Une adresse web ou un numéro différents entre le site et la fiche, et Google doute.
- Ne pas mesurer. Sans relevé des positions avant la bascule, personne ne pourra dire si la refonte a nui ou aidé.
Quand ne pas refondre
Si le site est sain techniquement, s’affiche bien sur mobile et se positionne, mais que le contenu date, c’est une mise à jour éditoriale qu’il faut, pas une refonte. Si seul le formulaire ne convertit pas, on refait le formulaire. Si le site est lent à cause d’images trop lourdes et d’extensions inutiles, un nettoyage suffit souvent. Et si l’entreprise s’apprête à changer de nom, de métier ou de marché dans l’année, attendez de savoir ce que le site devra raconter : un site refait deux fois en dix-huit mois coûte deux fois.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une refonte ?
Pour un site vitrine de PME, de l’audit à la mise en ligne, comptez le plus souvent deux à quatre mois, selon le nombre de pages à réécrire et la disponibilité de votre équipe pour valider les textes. Le suivi SEO ajoute huit semaines après la bascule. Les projets avec espace client, devis en ligne ou connexion à un ERP suivent le calendrier d’un projet logiciel.
Vais-je perdre mes positions Google ?
Pas si les URL sont conservées ou redirigées une à une, si les contenus qui se positionnaient sont gardés ou enrichis, et si la Search Console est surveillée. Une fluctuation de quelques semaines est normale, le temps que Google explore à nouveau l’ensemble des pages. Les pertes durables viennent presque toujours de redirections manquantes ou de contenus supprimés.
Faut-il garder le même nom de domaine ?
Oui, sauf changement de nom de l’entreprise. Le domaine porte l’historique des liens et de la confiance de Google. S’il faut vraiment en changer, faites-le dans un second temps, après la stabilisation du nouveau site.
Peut-on garder le même CMS ?
Souvent, oui, et c’est même ce que Google suggère pour simplifier une migration. La question est plutôt celle de la version, des extensions et de l’hébergement. Un changement de technologie se justifie quand le site doit faire des choses que le CMS fait mal : rapidité, intégrations, espace client.
Mon site doit-il être en allemand ?
Si une part de vos clients vient d’Allemagne ou de Suisse, une version allemande complète, avec ses propres adresses et des balises hreflang, se justifie. Une traduction partielle ou automatique de quelques pages apporte peu et peut nuire à l’image. Commencez par les pages que vos clients germanophones consultent réellement.
Qui doit posséder le site à la fin ?
L’entreprise : domaine, hébergement, code, comptes de mesure, accès d’administration. Le prestataire intervient avec des accès nominatifs que vous pouvez révoquer. Si un devis ne précise pas ce point, demandez-le par écrit.
Faut-il tout refaire d’un coup ou par étapes ?
Google accepte les migrations par sections pour les grands sites. Pour un site de PME, une bascule unique, bien préparée, est plus simple à contrôler. Ce qui peut se faire par étapes, c’est la réécriture des contenus après la mise en ligne, tant que les pages existantes sont déjà en place et redirigées.
Par où commencer
AZINOVE SAS est une agence de Strasbourg, au 13 rue de Dahlenheim, fondée en 2021. Nous refondons des sites d’entreprise avec la méthode décrite ici : audit et inventaire d’abord, maquettes mobile, site rapide hébergé en Europe, migration SEO redirection par redirection, et huit semaines de suivi dans la Search Console. Notre page création de site internet à Strasbourg présente les sites livrés en Alsace.
Envoyez-nous l’adresse de votre site actuel et ce qui vous gêne : nous vous dirons en quelques jours s’il faut une refonte, une mise à jour ou un simple nettoyage, et par quoi commencer. Le plus simple : réserver un échange de 30 minutes.
Sources
- Google Search Central — « Migrations de sites avec modification des URL » : inventaire des URL, redirections, Search Console, délai de conservation des redirections (consultée le 23 octobre 2026) — https://developers.google.com/search/docs/crawling-indexing/site-move-with-url-changes?hl=fr
- Google Search Central — « Redirections et recherche Google » : redirections permanentes et temporaires (consultée le 23 octobre 2026) — https://developers.google.com/search/docs/crawling-indexing/301-redirects?hl=fr
- Google Search Central — « Versions localisées de vos pages » : balises hreflang (consultée le 23 octobre 2026) — https://developers.google.com/search/docs/specialty/international/localized-versions?hl=fr
- web.dev — « Web Vitals » : seuils des Core Web Vitals (LCP, INP, CLS) au 75e centile (consultée le 23 octobre 2026) — https://web.dev/articles/vitals?hl=fr
- CNIL — « Site web, cookies et autres traceurs » : règles applicables au consentement (consultée le 23 octobre 2026) — https://www.cnil.fr/fr/cookies-et-autres-traceurs
- CNIL — « Cookies : solutions pour les outils de mesure d’audience » : conditions de l’exemption de consentement (consultée le 23 octobre 2026) — https://www.cnil.fr/fr/cookies-et-autres-traceurs/regles/cookies-solutions-pour-les-outils-de-mesure-daudience
- DINUM — Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA), rappel du champ d’application (consulté le 23 octobre 2026) — https://accessibilite.numerique.gouv.fr/obligations/champ-application/
- France Num — « Comment améliorer votre référencement » : cohérence des coordonnées et des annuaires (consultée le 23 octobre 2026) — https://www.francenum.gouv.fr/guides-et-conseils/communication-et-publicite/referencement/comment-ameliorer-votre-referencement


